2 novembre 2011

ISS plutôt que ISF.

Tout sur le patient.
C'est la ligne de conduite adoptée par le gouvernement et sa majorité pour essayer de freiner le creusement du trou de l'assurance maladie.

Une des mesures les plus décriées est l'augmentation des taxes sur les mutuelles. Près de 5%, qui seront très probablement répercutés sur les patients. Cette annonce est l'aboutissement d'une hausse continuelle de la taxation des mutuelles, perçues comme une vache à lait par la droite. En 2008, le montant de ces taxes étaient de 720 millions d'euros ; en 2010, 4,3 milliards d'euros, leur taux est passé de 2,5% à 13,3% ! Pendant ce temps, les assurances privées poursuivent la distribution de dividendes à leurs actionnaires...

La loi de financement de la sécurité sociale, à l'étude en ce moment au Parlement, prévoit également la poursuite de la baisse du remboursement de certains médicaments (passage à un taux de remboursement de 30% pour les médicaments actuellement remboursés à 35%). A l'hôpital, le seuil du ticket modérateur va passer de 91€ à 120€.

Toutes ces mesures vont peser sur le patient. Seulement elles ne vont pas rapporter grand chose. L'assurance maladie connaitra un déficit de 21,4 milliards d'euros en 2011, contre 23 cette année, soit une économie prévue de 2,5 milliards. Or les mesures cités ci-dessus ne rapporteront même pas la moitié de cette économie.

C'est encore l'hôpital qui va subir un plan d'économie drastique.
Déjà au bord de l'asphyxie, les hôpitaux vont devoir encore se serrer la ceinture, au risque de l'explosion. La mise en place de la réforme "Bachelot" est toujours en cours de digestion que les moyens financiers et humains vont encore être diminués. Premières cibles: les plus petits hôpitaux, les EPHAD, et autres services d'urgences installés au plus près des populations. Aujourd'hui, une des seules raisons pour laquelle les hôpitaux tournent encore est la conscience de tous ceux qui y travaillent.

On taxe et on abandonne.
Non seulement on alourdit la facture pour les français, mais on enterre purement les grands chantiers. Le grand plan vieillesse a disparu. Il n'y a plus rien pour ce qui était considéré à raison comme l'un des enjeux majeurs de la décennie à venir: un nouveau pilier de la sécurité sociale consacrée à la vieillesse.

Toute cette politique a un impact sur notre territoire. Le vieillissement de notre population pousse à une spécialisation des petits hôpitaux, comme à Crozon, où l'hôpital nouvelle génération sera centrée sur cette population. Mais cela se fait à défaut du reste de la population: quid des maternités, des services d'urgence...

C'est encore aux élus locaux que revient la tache de se battre: défendre un hôpital à Carhaix via la fusion administrative avec le CHU de Brest (votée par les élus PS, le maire de Carhaix ayant voté contre faut-il s'en souvenir), se transformer en VRP avec les médecins généralistes, infirmières libérales pour leur proposer des locaux communs (comme à Pont-de-Buis) pour contrer le développement des déserts médicaux, aux frais des collectivités territoriales...

La gauche, en 2012, ouvrira ce grand chantier d'avenir. Avec un fonctionnement hospitalier humanisé, au cœur de notre réforme, en agissant sur l'installation des nouveaux médecins, la mise en place d'une véritable réforme de solidarité nationale pour les personnes âgées (à domicile et en établissement), l'accompagnement des différents intervenants (les départements, les communautés de communes...), en remettant une véritable médecine scolaire dans le primaire, le secondaire et l'universitaire !

Bref, totalement à l'inverse de la politique actuelle qui impose un impôt sur la santé plutôt que d'agir réellement sur l'Impôt sur les grandes fortunes, par exemple, pour trouver de nouvelles recettes.

PS: la majorité sénatoriale de gauche a fait ses propositions ce jour, à lire l'article du Monde en cliquant ici.

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