La Bretagne est reconnue pour son réseau de villes petites et
moyennes qui exprime un aménagement solidaire et une vision partagée de
l’aménagement des territoires. Cette présence d’un maillage urbain,
évite les fractures du type « Toulouse et le désert toulousain » et
limite considérablement les phénomènes d’exclusion sociale. Le rapport État social de la France établi par l’association Odyssée montre
clairement que les critères de performance économique et de performance
sociale sont ici supérieurs du fait de la multiplicité des villes
petites et moyennes bien liées à leur tissu rural.
Cette organisation urbaine est en réalité très moderne. Elle évite la
présence de villes dilatées qui multiplient les navettes entre les
lieux de résidence et d’emplois et renforcent sans contestation
l’exclusion et la ségrégation. Elle permet au contraire un aménagement
équilibré des territoires, la présence d’un maillage économique assurant
des dynamiques plurielles. L’organisation assure localement la
proximité entre les emplois, le logement et les services, ce qui est un
gage du développement responsable et soutenable. L’option favorise du
coup les mobilités douces et l’économie de proximité. La Bretagne est en pointe avec son modèle singulier et propose d’ores et déjà un maillage de villes véritablement « durables ».
Dans ce cadre, la volonté nationale de privilégier de grands
ensembles administrés sous forme de métropoles, de pôles métropolitains
centralisés ou de communautés urbaines, entre en flagrante contradiction
avec cette armature urbaine.Des schémas fondés sur les seuls
critères de « taille » omettent totalement ces variables qualitatives.
Des élus, actuellement tentés de répondre à la seule prime financière,
souhaitent mettre sous tutelle des collectivités périphériques et
risquent de mettre à bas cette structure singulière, de renforcer
l’exclusion sociale en lointaine couronne, d’accroître considérablement
les inégalités foncières, sociales et l’exclusion par la mobilité.
Nous, Bretons, considérons que ce choix national, entre en forte
opposition avec les singularités de l’organisation régionale. Soucieux
de conforter l’équilibre économique et la pluralité territoriale du
développement breton, nous demandons à ce que des visions
essentiellement financières, par ailleurs totalement liées au bon
vouloir des dotations de l'Etat, ne mettent pas à bas un schéma pour
lors partagé et qui permet à la Bretagne d’avancer de façon collective.
Si deux ou trois villes contrôlent l’ensemble, c’en sera fini des
dynamiques territoriales et d’une vision responsable de l’aménagement de
la région. Nous croyons au contraire aux logiques du partage et
considérons que la Bretagne n’avance que lorsqu’elle est unie, portée
par une vision politique collective et des dynamiques économiques
partagées. La Bretagne n’est pas en retard d’urbanisation mais en avance
d’urbanisme.
Signataires de cet appel, nous demandons à ce que cette organisation
bretonne extrêmement novatrice, soit désormais confortée à l'opposé de
ce qui est dramatiquement en œuvre actuellement avec les fusions imposées de certaines intercommunalités et l’excessive concentration des crédits publics dans les grandes métropoles.

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